[#Psycho] Parler de la mort à son enfant

Petit article qu’une amie à moi m’a demandé d’écrire car c’est une question énormément posées partout, que ça soit dans les parcs, groupes Facebook, café-parents et dans les forums de discussions.

Comment aborder la mort d’un animal, d’un proche, d’une personne dans les meilleurs situations possibles pour l’enfant.

Introduction

Il y a beaucoup de réponses, beaucoup de versions des personnes ainsi que des règles, des mots à ne pas dire etc. C’est une question compliquée qui fait beaucoup polémique dans les débats de discussions entre les parents et les éducateurs. Je vais donc essayer d’aborder le sujet d’une façon neutre pour ne pas froisser les personnes et ceci sans jugement.

Le décès d’un proche (souvent un grand-parent) est le premier contact qu’a un enfant avec la mort. La perte d’une personne que l’on aime peut être source de questionnement et d’inquiétude pour un enfant. Il peut aussi croire qu’il est responsable du décès parce qu’il a fait quelque chose de méchant ou d’interdit.

Ne soyez pas dupe, même un bébé ressent le stress et la peine qui les entourent quand quelqu’un ou un animal décède à vos cotés.

Alors comment faire ?

Expliquer AVANT

Beaucoup de psychologues le disent. L’explication de la mort doit être composée de plusieurs étapes. On ne peut pas expliquer pourquoi une voiture avance si on explique pas comment on la fabrique. Pour la mort c’est la même chose pour un enfant. Pour comprendre la mort, il faut lui expliquer la vie et plus particulièrement le cycle de vie.

Mais avant toute chose et ceci est très très très important :

Il ne faut surtout pas attendre qu’un drame survienne pour Amorcer une discussion sur ce thème

Trop souvent les parents arrivent « en courant » en demandant « comment je lui explique ». Il faut comprendre que c’est plus facile à un enfant d’absorber la compréhension de cet événement s’il est déjà préparé à l’avance.

En réalité, dans une famille où tous les sujets sont abordés librement, où l’enfant peut poser des questions sans craindre de fâcher ses parents, bref où le dialogue est une habitude de vie, la mort apparaît forcément dans les sujets de conversation. Le contexte n’étant pas particulièrement difficile, les parents trouvent alors les bons mots pour expliquer ce qu’ils savent et n’ont pas besoin de mentir.

Comment faire ? Commencer à expliquer le cycle de la vie d’une plante, avec des livres ou avec des images. En expliquant à votre enfant qu’une plante grandit et meurs quand elle est trop vieille, vous lui expliquez le cycle des choses. En expliquant aussi à votre enfant que son jouet, à force de le lancer va se casser va lui apprendre que les objets ainsi que les êtres vivants ont une fin. Expliquer au début d’un coloriage que la page est vide, qu’il va la remplir et quand il est content, le dessin est fini lui apprendre aussi une étape de début et une étape de fin.

Cette notion de début et de fin est le premier pas vers l’explication de la mort.

Préparer un enfant à la mort d’un proche est d’abord l’aider à mieux supporter et à mieux intégrer sa perte. Tout ce qui est fait avant est autant de fait pour après. C’est également la meilleure manière de le préparer à dire au revoir au mourant. C’est enfin protéger et même renforcer la cohésion de la famille.

Si vous avez un proche mourant, à l’hôpital ou à la maison, il est important aussi que l’enfant aille le voir, parle avec lui et que vous l’assistiez afin de comprendre les étapes du cycle de la vie, de la maladie et donc de la mort.

A quel age lui expliquer ?

Les tout petits ne connaissent pas la mort mais l’absence. Un peu plus grands (vers deux ans), ils disent que « quand on est mort on ne peut plus bouger, courir, on ne peut manger ni parler, etc. ». C’est normalement vers quatre ans, lorsqu’ils commencent à comprendre le déroulement du temps dans la durée, qu’ils savent que la mort est irréversible. C’est lorsqu’ils atteignent leurs six ans environ la notion d’universalité se met en place.

Il faut en finir avec cette notion d’age minimum ou maximum. Il faut envisager tout d’abord les aspects cognitifs de l’intégration du concept de mort chez l’enfant. Les auteurs qui se sont penchés sur la question ont distingué plusieurs stades dans cette acquisition.

Le bébé n’a pas de représentation de la mort, il ne peut en comprendre le sens exact. Mais bien entendu, son vécu émotionnel le met en étroite communication avec tout ce qui peut concerner le deuil d’un proche voyant ses parents tristes lui expliquant quelque chose qu’il ne comprend pas.

Vers 18-24 mois environ l’enfant à la notion du « a pu » qui est une préforme de sa conscience de la mort.

Entre 2 et 4 ans, les choses deviennent complexe. Il différencie le monde et lui-même, pense l’autre, intègre l’absence comme normal (crèche, nounou etc…). Mais le concept de la mort reste très abstrait encore pour lui : il se doute bien que lorsqu’on est mort, on ne bouge plus, on ne respire plus, mais la notion de fin est encore abstraite, le fait de ne plus revoir la personne ne sont pas encore vraiment acquis. Il expérimente la perte, découvre les animaux morts quand on l’écrase et de la plante qui fait plus de fleurs.

Dès 4 ou 5 ans, sa vie sociale s’étant développée. Il a compris ce qu’est mourir, la permanence de l’acte et la fin.

Mais bien avant l’âge dit de raison, ce n’est que vraiment vers 7 ou 8 ans, qu’il comprendra ce que signifie la mort et tout ce qu’elle entraîne.

Comment aborder le sujet

Quand vous parlez de la mort avec votre enfant, il faut abordez le sujet avec tact et sensibilité mais pas en étant dans la souffrance ou la tristesse, il serait émotionnellement plus choqué par votre état que les mots que vous apportez à l’explication. Soyez aussi ouvert et franc que possible et laissez votre enfant mener la conversation. Encouragez-le à s’exprimer et à poser des questions. Répondez-y de votre mieux, tout simplement. Attendez vous à des questions à répétition, cela est normal, il ne comprend pas le concept, répétez juste les réponses et dites lui qu’il comprendra mieux en étant plus grand.

Ce qui compte, c’est surtout de ne pas exclure l’enfant de la problématique qui concerne l’ensemble de sa famille et de ne pas l’encourager, en voulant à tout prix le protéger, à nier la réalité. La mort est inéluctable et ce fait ne peut pas être enjolivé.

Chaque enfant réagira différemment, en puisant selon sa personnalité d’avant le décès. Tout le catalogue des comportements peut se retrouver, adaptés, incongrus, jusqu’aux troubles psycho-affectifs. Tristesse, colère, retrait, mutisme, cris …

Il faut s’inquiéter plus quand les difficultés durent que quand elles sont aiguës, même violentes.

Bien choisir les mots

Il faut absolument éviter d’utiliser des expressions comme « s’endormir », « partir » ou « s’en aller » pour expliquer la mort.

Pour un enfant, ces mots ont une connotation de « non fin ». C’est à dire que ce sont des mots qui n’ont pas de finalité et qu’ils sont réversibles.

« Papi est parti au paradis » => « Comme moi quand je pars à l’école mais je reviens »

« Mami dors pour toujours » => « Si moi je dors ça va être pour toujours aussi ? »

« Ton chat est dans le ciel » => « Oui mais la balle aussi quand je la lance, elle reviens »

« Papi est parti pour un long voyage » => « Comme les vacances ? j’aime pas les voyages »

De même, ne dites pas seulement à votre enfant que mami est morte parce qu’elle était très malade, car il pourrait croire qu’elle avait un simple rhume. Le terme très est à bannir car l’enfant, selon son age, n’a pas la notion de « très » et peu penser qu’un gros rhume c’est la même chose que très malade et avoir donc peur de mourir aussi.

Dites-lui plutôt la vérité en employant des mots simples : « Grand-maman avait un cancer. C’est une maladie très grave. Parfois, il y a des gens qui guérissent, mais pas toujours. »

Rassurez aussi votre enfant en lui expliquant que la mort n’est pas contagieuse.

Ça parait bête mais le dire, faut y penser.

On a parfois entendu qu’il fallait absolument tout dire, tout montrer. En réalité, cela doit rester à la libre appréciation des parents, qui doivent se faire confiance. À l’inverse, cacher certaines choses à l’enfant peut être nocif. Car si on lui ment, il sera incapable de comprendre les émotions négatives (pleurs, deuil, manque) dégagées par ses parents, et risque d’en imaginer des causes.

Les mots à dire et ne pas dire

Il faut parler à votre enfant de manière claire et précise. Les parents peuvent utiliser des termes simples et ne doivent surtout pas en avoir peur. Il ne doit pas y avoir de tabou sur un mot. Ce tabou est généralement posé par les adultes, parce que ça les angoisse de parler de la mort.

Quand quelqu’un est mort :

  • Son cœur ne bat plus.
  • Il ne respire plus.
  • Il ne bouge plus.
  • Il ne sent plus rien
  • Elle/Il a finit de vivre

Il va ou après ?

  • Dans la terre et il y reste pour toujours.

Et pourquoi ?

  • Ça s’appelle un rituel, on met dans la terre car on l’aime et c’est pour venir le voir après quand tu as envie même s’il ne respire plus pour poser des fleurs et se souvenir de lui.

Mais il voit pas le fleurs !

  • Non mais toi cela te permet de te souvenir de lui et nous aussi, cela s’appelle rendre hommage

On va où, quand on est mort ?

  • Je ne sais pas, des gens ont des avis cela s’appelle les croyance

Enfin, on dit qu’il est important de voir le corps. C’est tout à fait vrai à partir du moment où cela se fait dans de bonnes conditions. Cela ne doit pas être imposé à l’enfant, et s’il l’accepte, il doit être accompagné par un adulte. Une bonne chose est de le suggérer à l’enfant en lui proposant par exemple d’apporter une lettre, un dessin, une fleur. 

De mon avis personnel, je pense que voir la personne morte dans son cercueil, cela projette l’enfant à la vision qu’il a eu en écrasant la fourmi. Ça ne bouge plus, il est plus la, « a plus » !!!!

Ne pas dire :

  • Il est parti
  • Il s’est endormi pour toujours
  • Il est perdu 
  • Des anges sont venu le chercher

Cycle du deuil chez l’enfant

Une question que j’ai lu aussi est le fameux cycle connu du deuil chez les adultes. Est ce que l’enfant subit aussi ce cycle de deuil que les adultes vivent ?

Et bien Non, l’enfant réagit différemment en fonction de son âge, de sa personnalité et de la proximité de son lien avec la personne défunte contrairement à un adulte qui va suivre le cycle psychologique connu de la mort (plus ou moins selon les personnes).

Les manifestations cliniques dans la période du deuil doivent être interprétées à la lumière du fonctionnement mental antérieur de l’enfant. En fonction de l’âge Même si l’enfant avant quatre ans peut montrer les trois étapes du deuil (protestation, le désespoir, détachement), elles n’ont pas forcément chez lui la signification d’un processus à l’œuvre ce qui le rend différent d’un adulte. Ces phases sont présentes mais pas autant que l’adulte et sont facilement identifiable et les parents peuvent s’y adapter très rapidement par l’explication et les livres.

Conclusion

Ce sujet est souvent en première ligne et reviens souvent dans les discussions sur les groupes, il est important, comme j’ai pu le constater, d’expliquer ce que peu font : « Expliquez la mort AVANT que cela n’arrive ». C’est tellement plus facile de se préparer, trouver les mots, chercher les meilleurs phrases à donner ainsi que de préparer l’enfant avec des exposés, des livres ou bien des questions. Je ne vais pas répondre sur le sujet car mon but dans cet article était de mettre en avant des choses simples, répondre de façon général car chaque cas est différent « Mort d’un proche », « Mort d’un inconnu », « Mort subite du nourrisson », « Mort par maladie », « Mort du parent (père et mère) » etc. Tous les cas sont différents mais la base est la même.

Il faut aussi, et ceci est important, expliquer que vous êtes triste, que votre enfant peut l’être aussi, c’est normal d’être triste. Il ne faut pas se cacher ou faire semblant.

Incitez l’enfant à faire un rituel en déposant une fleur devant le petit trou de son animal mort, c’est lui permettre de poser le mot « FIN » sur l’acte. En lui précisant que vous faites la même chose avec les gens que l’on aime en posant des fleurs lui permettra de faire la relation.

Cet article n’est pas une bible mais un condensé de propos et d’avis qui sont les plus proches des miens.

Hésitez pas à venir donner vos idées et les mots que vous avez posés, cela pourra aider beaucoup de parents ayant pu vivre une situation identique.

Recommandations importantes

Je viens aussi sur un triple débats que j’ai pu lire et participer lors d’une réunion de parents, c’est la cohérence des propos entre les personnes.

Il faut absolument que toutes les personnes, ayant de l’autorité, chantent la même chanson

A vous de voir avec des spécialistes ou même avec les maîtresses et maîtres les approches qu’ils ont pour en parler et aussi expliquer l’approche que vous abordez. Il est important que tous aient la même façon d’expliquer au risque de créer des confusions chez l’enfant.

Si vous expliquez proprement et le plus simplement possible la mort et que votre enfant entend par sa nounou que les oiseaux quand ils meurent vont dans le ciel, votre enfant ne comprendra plus rien.

Le mieux c’est, en cas de décès ou proche décès, de dire aux personnes qui sont proches de votre enfant et ayant autorités (nounou, assmat, maîtresse) de vous laisser expliquer par vos mots et non les siens. J’ai souvent entendu dire pendant des discussions que l’enfant revenait avec des questions sur le ciel, les gens qu’ont brûlent, les vers de terre qui vous mangent etc…

Livres pour enfants

Le livre le plus recommandé à travers ce que j’ai pu lire partout est : Au revoir blaireau et en voici d’autres.

Les images sont cliquables.


Références

DEUIL NORMAL ET PATHOLOGIQUE LE DEUIL CHEZ L’ENFANT : http://www.medecine.ups-tlse.fr/DCEM2/module6/arielle/chap04_p2.pdf

Parler de la mort avec son enfant : https://www.cairn.info/revue-etudes-sur-la-mort-2008-2-page-59.htm

Quels mots employer ? https://www.anoustous.com/quels-mots-employer-pour-parler-de-la-mort-aux-enfants/

Aider les enfants à comprendre la mort : https://naitreetgrandir.com/fr/etape/3-5-ans/vie-famille/fiche.aspx?doc=ik-naitre-grandir-comment-parler-aider-enfant-comprendre-mort

Comment parler de la mort avec les enfants ? https://www.psychologies.com/Famille/Grandir/Dialogue-parents-enfants/Interviews/Comment-parler-de-la-mort-avec-les-enfants

Faut-il parler de la mort avec un enfant ? https://www.magicmaman.com/,faut-il-parler-de-la-mort-avec-un-enfant,486,3354996.asp

Comment parler de la mort avec les enfants ? https://www.pommedapi.com/parents/le-cahier-parents/parler-de-mort-enfants


2 réflexions sur “[#Psycho] Parler de la mort à son enfant

  1. C’est vrai qu’on évoque peu le sujet sauf malheureusement quand ça arrive. Ma puce a déjà été confrontée au deuil, elle a mal réagit physiquement (grosse gastro), je ne suis pas sûre que ce soit une coïncidence…

    Aimé par 1 personne

    1. Comme toujours, on ne se prépare pas et même pour nous, concernant nos parents alors nos enfants, n’en parlons pas. Ce sont des sujets qu’il faut aborder et préparer et cesser de prendre la mort comme un tabou

      Aimé par 1 personne

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