[#Psycho] Développer l’empathie pour un monde meilleur

L’empathie, faculté à se mettre à la place d’autrui et de percevoir ce qu’il ressent, est un élément essentiel pour vivre ensemble. Nous en sommes tous pourvus dès la naissance.

Mais comment la développer et aider nos enfants à la cultiver et la faire grandir ?

Scientifiquement

Dans le film “ Vers un monde altruiste” de Sylvie Gilmane et Thierry de Lestrade, plusieurs expériences sont réalisées avec des enfants âgés de 18 mois. Au cours de l’une d’entre elles, l’enfant joue avec des ballons. Dans la même pièce, un adulte est en situation difficile. L’enfant arrête immédiatement son jeu pour aller l’aider. Au cours d’une autre expérience, la chercheuse place un enfant devant deux peluches, une bleue et une jaune. La peluche bleue se comporte mal avec la peluche jaune. La chercheuse demande alors à l’enfant quelle peluche il préfère.

Tous les enfants de 18 mois se tournent spontanément vers la peluche gentille. L’enfant a donc la capacité naturelle à être empathique. Les enfants préfèrent les personnes altruistes à celles qui se comportent de manière hostile. Nous avons ainsi dès la plus petite enfance une prédisposition plus forte à la coopération qu’à la compétition.

Mais alors pourquoi perd-on alors avec l’âge cette qualité indispensable ?

Compétition vs Empathie

L’expérience des peluches a été retentée avec des enfants âgés de 6 ans. Les résultats ont été plus mitigés. Certains enfants choisissent la peluche tenant le rôle agressif. Comment expliquer un tel changement ? Tout d’abord, plusieurs facteurs semble être en cause. Le système scolaire centré sur une dynamique de compétition, des sanctions ou du favoritisme à la maison favorisent les valeurs individualistes.

Malheureusement, l’éducation non bienveillante font que les enfants entendent régulièrement des phrases du genre : «  tu es nul, tu n’es bon à rien », « tu es méchante », et autres humiliations.

Certains parents ou grand parents (même quand à la maison, l’éducation peut être bienveillante) continuent de croire à tort que cette attitude aide à faire progresser un enfant, pensant que les enfants doivent s’endurcir pour bien grandir, la sensibilité étant vue comme une faiblesse. Ainsi l’empathie n’est pas encouragée. Selon Rebecca Waller chercheuse à l’université d’Oxford, les éducations punitives rendent les enfants insensibles, et conduisent souvent à des conduites anti-sociales (agressivité, incapacité à contrôler leurs émotions..)

Les tablettes et ordinateurs sont aussi des ustensiles qui ne sont pas adaptés, outre le fait qu’ils sont jugés néfaste, ils poussent l’enfant à prendre l’habitude de passer de longs moments à jouer seul. Il ne pourra pas alors développer son empathie, car pour cela, le contact direct avec les autres est indispensable. 

Malheureusement les enfants délaissent trop souvent les jeux d’imagination à plusieurs pour les écrans. Or, tous les spécialistes de la petite enfance s’accordent sur ce point : l’enfant a besoin de temps pour jouer. Et l’on sait que l’empathie se nourrit d’expériences répétées. Si on ne la stimule pas, les enfants amoindrissent leur capacité à être empathiques. 

Développer l’empathie par le jeu

Les apprentissages cruciaux à cet âge se font principalement en jouant et interagissant avec le monde. Le jeu permet de rencontrer les autres. Les enfants s’identifient fortement à leur personnage de jeu. Il s’imagine à la place d’un autre tout en restant lui-même. Jouer leur apprend inévitablement l’empathie. L’enfant prend conscience de l’effet négatif ou positif que peuvent avoir ses actions. Il comprend, par exemple, que certains mots et gestes peuvent blesser, mais que d’autres peuvent réconforter et consoler.

C’est pourquoi nous devons encourager les enfants à jouer en groupe, par exemple à des jeux ensemble dans les parcs (jouer à chat, attrape moi, dînette). Les faire aller vers les autres en s’investissant dans des associations engendre des bénéfices pour soi à long terme. Les personnes ayant des activités bénévoles obtiennent en effet des scores supérieurs à la moyenne en termes d’évaluation du sentiment de bonheur, de la qualité de vie et de l’estime de soi.

Développer l’empathie par la lecture

La lecture favorise également l’empathie. Une étude récente de 2017 révèle que les parents liraient de moins en moins “l’histoire du soir”. Pourtant il est prouvé que plus les parents lisent à voix haute à leurs enfants, plus ces derniers seront par la suite en mesure de lire seuls pour le plaisir. De plus, la lecture active des zones relatives à une expérience réelle. Ainsi, lorsque nous lisons un roman, nous vivons avec les personnages du récit, mais nous éprouvons aussi leurs sensations et leurs émotions.

Le roman est un moyen fantastique de comprendre la psychologie humaine.Le psychologue Raymond Mar a découvert que plus les gens lisaient de fiction plus leur score était élevé quand ils étaient soumis à des tests destinés à évaluer leur empathie.

Le jeu des 3 figures

Ce jeu que les parents et les enfants peuvent faire à tout age (principalement à partir de 3 ans ou l’imaginaire commence dans le cerveau des enfants) est un outil formidable pour développer l’empathie.

Le Jeu des Trois Figures – ou J3F – est une activité théâtrale créée en 2007 par Serge Tisseron pour lutter contre les effets délétères de la surconsommation d’écrans en développant la réflexion critique, et en encourageant les compétences exécutives et l’empathie de la maternelle au collège. Il est appelé ainsi en référence aux trois personnages de l’agresseur, de la victime et du tiers, qui peut être simple témoin, redresseur de torts ou sauveteur.

Je vous invite à regarder le site : https://3figures.org/fr/

Et la présentation de cette video qui montre en exemple les enfants y jouer.

En pratique chez vous

Je ne vais pas dire des choses simples comme « On évite les écrans au maximum » car je n’ai pas besoin de vous prouver les bénéfices si vous me lisez. Non plus que d’avoir un animal chez soi ou prendre soin d’une plante sont des bases d’empathie qui ne sont plus à prouver.

Par contre, certains jeux, remarques ou façons de faire développe beaucoup l’empathie chez l’enfant. Je vais en énumérer quelques unes.

Apprendre à votre enfant à apprivoiser ses émotions

Il est impossible d’apprendre à votre enfant à comprendre les émotions d’autrui s’il n’a pas encore appris à comprendre et à différencier les siennes.

Il est possible d’apprendre même aux plus jeunes enfants à identifier les différentes émotions et à comprendre comment celles-ci se manifestent comme par exemple à l’aide de carte d’empathie que vous pouvez trouver chez Sandrine sur son groupe Facebook d’activités ou bien en achetant des livres sur les émotions.

ATTENTION, j’ai remarqué que beaucoup de livres sur les émotions sont trop basiques. Le livre T’choupi pour 3 ans n’expliquent que 4 ou 5 émotions alors qu’ils sont tout à fait capables de comprendre les autres émotions si nous trouvons les bons mots, donc ne vous fiez pas aux ages sur les livres.

Il est prouvé que plus les enfants sont conscients de ce qui déclenche leurs émotions, plus ils pourront comprendre les émotions d’autrui. Des ressources adaptées aux enfants telles que le jeu des émotions peut vous fournir un cadre susceptible de vous aider à gérer les discussions autour des émotions avec votre enfant.

La verbalisation et validation de ses émotions dès son plus jeune âge lui permet d’apprendre à distinguer ses émotions.

Les actes sont plus éloquents que les mots

Saviez-vous que l’être humain a une tendance naturelle à imiter les comportements empathiques ? Cela est vrai même pour les enfants. La tendance des enfants à imiter autrui les aide à intérioriser ces émotions et à adopter un comportement empathique. Autrement dit, votre façon d’agir avec autrui apprend à votre enfant comment interagir avec les autres. 

Si votre enfant dit une phrase comme « arrêtes tu m’embêtes » ou bien « stop je veux plus jouer », n’hésitez pas à lui montrer un visage un peu triste et lui explique 5 secondes après pourquoi vous êtes un peu triste.

Si vous voyez un papa ou une maman crier dans le parc à son enfant, montrez à votre enfant votre tristesse de le ou la voir crier en le montrant à votre enfant « Regarde la maman qui crie, cela me rend triste de voir ca en plus le garçon pleure tu as vu ? ».

Lui montrer que nous êtes sensibles aux sentiments d’autrui contribue à cultiver son empathie.

Apprendre l’empathie par le jeu de rôle

Le jeu de rôle est un outil puissant qui peut apprendre l’empathie à votre enfant. Dans une étude scientifique connue sous le nom du « jeu de vieillissement », 84 étudiants en médecine devaient simuler l’expérience du vieillissement. Les chercheurs ont constaté que les étudiants qui ont participé à ce jeu étaient ensuite davantage en mesure d’adopter un comportement empathique envers les personnes âgées.

Jouez au docteur, quand il vous soigne, faite comme si vous aviez un peu mal. S’il prend peur dites juste que c’est un jeu. Quand il a fini de vous soigner, montrez que cela vous fait du bien et que cela va mieux ou bien faite un câlin au docteur pour vous avoir bien soigné.

Jouez aussi à faire l’enfant ou copiez un comportement d’un autre enfant. Si votre enfant à tendance à pas trop partager quand il joue avec vous (qui n’a pas connu je te donne ça et toi ca et vous avez presque rien) et bien la fois d’après, faite la même chose en disant « à moi maintenant de distribuer) et donnez lui que 2 billes ou 2 balles et prenez en 5, il va comprendre que cela n’est pas équitable et que sa réaction a un impact sur vous et inversement (bien entendu en toute bienveillance et avant qu’une crise arrive, le jeu n’est pas de le punir ou de faire violence mais de lui expliquer l’émotion).

Attention à l’effet inverse

L’empathie absente chez les enfants, adolescents et adultes conduit à éprouver de grande difficulté sociale, mais il existe le cas contraire : Le syndrome d’excès d’empathie ou d’usure de compassion.

Une enfant présentant un excès d’empathie est comme une antenne à longue portée qui absorbe et engloutit chaque émotion vibrant dans son entourage. Loin de gérer une telle surcharge, elle finit par se diluer dans les besoins des autres, s’empoisonnant d’une compassion excessive au point de se sentir coupable de la souffrance que les autres éprouvent.

Certains métiers sont en quelques sortes sujets à cette usure de compassion. On retrouve des gens se jetant corps et âme dans des métiers de la santé, d’association pour sauver le monde rejetant alors leurs propres intérêts et délaissant leurs entourage pour le profit de la terre entière (bien sur je vais dans les excès et ce n’est pas une généralité).

Comme toute éducation bienveillante, il faut observer son enfant pour voir si l’effet inverse n’est pas dévastateur.

Ma fille a tendance par exemple à vouloir aider, dans un parc pour enfant, la plupart des autres enfants à la balançoire juste pour jouer avec eux et déclencher le jeu. En soit c’est adorable mais cela peut devenir chronophage et source de conflits à vouloir aider tout le monde (même si je lui demande jamais de le faire) et je parle pas du fait qu’elle a toujours vers les enfants qui pleurent dans le parc depuis petite.

Conclusion

N’hésitez jamais à parler des différentes personnes à votre enfant. Malgré toutes les différences qui nous séparent, il y a tant de similitudes. Trouvez des livres sur les différentes cultures aidera votre enfant à comprendre, par exemple, comment les enfants vivent dans les autres pays.

Je vous conseil une émission excellente que vous pouvez montrez à vos enfants sur FRANCE 5 qui est : Les chemins de l’école.

A cheval, à dos d’âne, à vélo, sur l’eau ou à pied, sous la canicule ou dans un froid glacial, des enfants vivent une véritable odyssée pour accéder au savoir.

Pour aider votre enfant à reconnaître et pratiquer les actes empathiques, vous pouvez utiliser les cartes d’empathie. Chaque fois que votre enfant pratique un acte empathique, vous pouvez lui fournir une carte et lui expliquer ce qu’il a fait pour la mériter.

Livres

Monsieur Gentil : Un livre à 3 euros environ avec pleins de petites gentillesses. Assez simple mais donne une bonne liste des gentillesses au quotidien qu’on peut partager afin de développer l’empathie.

Références

L’empathie, au cœur du jeu social, Serge Tisseron : https://www.cairn.info/revue-le-journal-des-psychologues-2011-3-page-20.htm

Heureux d’apprendre à l’école, Catherine Guegen : https://amzn.to/2m1WU3o

Vers un monde altruiste, Sylvie Gilmane et Thierry de Lestrade : http://www.revolutionaltruiste.com/

Le film : Un monde meilleur, Mimi Leder


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